dimanche 2 mars 2014

Audioprothèse, implant cocléaire ou langue des signes ?


Tout le monde a le droit de supporter des audioprothèse. Même des implants cochléaires. En revanche, pas chez les enfants de moins de douze ans. Du moins, à la limite de l'âge de raison. Si vous regardez bien l'image ci-dessus, la joie s'éclate dans l'air pur de la campagne. Les enfants ont le droit de goûter la liberté.

Pour la communauté des Sourds, c'est inadmissible de voir les implants partout. Surtout dans des magazines ou sur des affiches publicitaires. L’inquiétude y répande. La colère s'y étouffe. Effrayée à l'idée du déclin de la population sourde, de la langue des signes française en voie de disparition.

Les Sourds ne sont pas forcément contre cet implant, cette invention qui remonte dans les années 1950, d'où l'otologiste Charles Eyriès et le professeur de physique médicale André Djourno réalisaient leur première stimulation électrique du nerf auditif. Véridiquement, elle en est contre certains médecins qui choisissent l'ignorance de la culture sourde. En effet, certains médecins sont en désaccord avec la langue des signes française.

« C'est le professeur d'ORL qui s'est opposé à l'instauration des cours de la langue des signes française à la fac, il y a deux ans, et il nous a tenu ce raisonnement comme quoi ça n'allaient faire qu'aggraver la situation ».
— Témoignage d'une étudiante, en 2006.

C'est pourquoi l'association Sourds en colère a été fondée en 1993 afin de lutter contre la purification ethnique et la vivisection humaine dans le but de s'éterniser avec leur histoire, leur culture et leur langue des signes. Leur grande intention, c'est ne par revenir à l'époque de l'interdiction de la langue des signes française durant un siècle, où il fallait lire sur les lèvres, apprendre à parler lorsqu'on est sourd et surtout équipé des appareils auditifs, cette expérience était atrocement dure. Et les Entendants n'en tiennent pas compte. Comme l'a si bien témoigné un sourd américain dans une émission suisse Signes, son expérience sur l'oralisation dans les années 1950 :

« Ils nous enfonçaient les doigts dans la bouche, nous poussaient la langue vers le haut et se plantaient à deux centimètres de notre visage en faisant rouler leurs yeux. Et tout ça, pourquoi ? (...) ça me met hors de moi ».

En tant que parents entendants, et je vous comprends parfaitement, vous direz sans aucun doute : « Vous croyez que c'est facile pour nous d'avoir un enfant sourd ? ». Déjà, c'est une très bonne question. La peur, l'angoisse, l’inquiétude... déforment souvent la raison. Quelle est la bonne réponse ? Il n'y en a aucune, sauf dans votre cœur en pensant fort à votre enfant. N'est-ce pas préférable d'être écouté par vous-même, plutôt de vous consulter un médecin ? Ce dernier n'est pas une réponse. Il ne s'agit pas d'une interdiction de le rendre visite. Bien au contraire. Un bon médecin a le devoir de proposer une audioprothèse, un implant cochléaire ou rien du tout, en vous faisant savoir qu'il existe un autre moyen de communication qu'est la Langue des Signes Française (LSF) — un « langage gestuel », vous diront vos plus vieux proches. Ce bon médecin a tout bonnement bien prononcé trois possibilités sur lesquelles vous deviez prendre le temps de réfléchir pour le bien de votre enfant, trop jeune pour décider lui-même. Le temps de voir ces trois possibilités en vous rendant à de différentes associations afin d'apprendre les meilleurs avantages. Sachant qu'un implant cochléaire coûte trois fois plus cher qu'une audioprothèse et que celle-ci deux fois plus cher que la langue des signes française qui, quant à elle, ne coûte pas grand-chose, il faut bien savoir que la sécurité sociale vous rembourse à 65% sur la bas de tarifs variables selon l'âge du patient ou quel que soit son âge et, bien entendu, la langue des signes n'est pas comprise dans cette assurance maladie. On va dire que vous l'avez, cette réponse. Presque, mais ce n'en est pas précisément une.

La bonne réponse est votre regard dans les yeux de votre enfant, en vous disant : « Va-t-il être heureux à l'avenir ? » avec son audioprothèse, son implant cochléaire ou sans rien du tout. « Avec ces appareils auditifs, entendra-t-il finalement ? ». Oui, il entendra bien sûr. Seulement des bruits, vos voix, plein de choses MAIS différemment que vous. Ces appareils sont des amplificateurs n'attirant très peu de sons réels. Je ne sais combien de pourcentages des enfants qui ne souhaitent plus ces appareils auditifs, vous allez certainement vous en colère en lui disant : « Tu sais combien cela m'a coûté ? On a tout fait pour que tu sois heureux ! ». Surtout n'oubliez pas qui a décidé. Vous-même. Pas votre enfant : il ne vous a rien demandé. C'est d'une pure égoïsme.

« Aimer, c'est préférer un autre à soi-même ».
— Paul Léautaud, écrivain français.

Alors vous pensez à un centre spécialisé pour les Sourds et à la langue des signes. En même temps, vous êtes embêtés. Votre enfant n'entendra rien. « Pourra-t-il écouter de la musique, chanter comme tout le monde ? ». Mais, bien sûr ! Cela vous étonne. Les Sourds n'ont pas besoin d'entendre la musique : ils la ressentent grâce à la vibration. Et le fait de chanter sans voix... D'abord, ils ont des voix, des petites voix provoquées par n'importe quelles émotions, comme celle du rire ou de la colère. La langue des signes est une voix venant des mains : ainsi ils « chantent », faisant un très bel effet.

Alors votre réponse, l'avez-vous trouvée ?

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